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Mercredi 05 Avril 2011
La belle aventure beaujolaise de Louis-Fabrice Latour
Après d'autres grands noms de Bourgogne, la maison beaunoise Louis Latour tente, elle aussi, l'aventure beaujolaise en rachetant Henry Fessy.
Septième du nom, Louis-Fabrice Latour dirige aujourd'hui la maison Louis Latour, l'une des grandes maisons de négoce de Beaune, deux fois bicentenaire florissante, propriétaire de 25 hectares de grands crus. Son porte-drapeaux : le Corton Grancey.
Le fringant dirigeant de la Fédération des négociants-éleveurs de Grande Bourgogne s'implante dans le Beaujolais à l'époque où d'autres s'envolent pour le Nouveau Monde. Louis-Fabrice Latour vient d'acheter Henry Fessy, un domaine familial de 15 hectares à Saint-Jean-d'Ardières, sur la nationale 6, bénéficiant d'une très bonne image dans la restauration. Apprécié pour son brouilly, l'un des dix crus du Beaujolais, la marque Fessy va prendre du galon sous la houlette du Beaunois : 70 hecatres de vignes, une gamme complète (morgon, saint-amour, chiroubles, etc.) et la force commerciale outre-Atlantique de Louis Latour.
La hardiesse de la famille Latour est bien connue : en précurseur, son père sortit des frontières régionales, direction le Var (domaine de Valmoissine), l'Ardèche (Coteaux de l'Ardèche), puis Chablis (Simonnet-Febvre). Une expansion propre aux Bourguignons décidés. En 1996, Louis Jadot s'établit dans le Beaujolais (château des Jacques et Loron & Fils), suivi par Boisset (Mommessin), plus récemment Bouchard Père & Fils (Villa Ponciago). Des passionnés venus de l'extérieur emboîtent le pas. Le plus illustre, l'imitateur Laurent Gerra, vigneron à Moulin-à-Vent.
« Ce que j'aime dans le Beaujolais, c'est sa faible teneur en alcool, autour de 12.5°, confie le nouveau propriétaire, ce rouge fruité est facile à boire. » Le propriétaire-négociant Louis-Fabrice Latour souhaite montrer que les vins issus de ce terroir de granite et de schiste sont aptes à vieillir. « Un vrai bon beaujolais n'est pas à boire dans l'année », affirme-t-il. Précisant son ambition pour Henry Fessy : « plus de fruit et moins de rusticité ». Les vrais amateurs de rouges gaulois n'ont pas à s'inquiéter. Le gentleman Louis-Fabrice Latour demeure un terrien.

Claudine Abitbol

La bouteille de la semaine : Henry Fessy 2009, Brouilly
Chouchou des brasseries, ce cru affiche un beau fruit rouge, une rondeur charnue, idéal avec charcuterie et filet de boeuf. Le millésime 2009 est l'un des meilleurs avec le 2005. Ses atouts : vendanges manuelles, vignes anciennes, faibles rendements (40 hl/ha) et beau terroir pour ce 100% gamay. www.henryfessy.com